Seigneurie de La Bouteillerie

La seigneurie de la Bouteillerie fut concédée par l'intendant Jean Talon le 29 octobre 1672 à Jean-Baptiste-François Deschamps de Boishébert, 28 ans, officier du Régiment de Carignan-Salières, qui était originaire de la Normandie. Selon l'acte de concession, la seigneurie devait avoir deux lieux de front sur une lieue et demie de profondeur. Le seigneur de la Bouteillerie construisit son manoir à l'endroit où se trouve actuellement l'église de Rivière-Ouelle.

À l'époque de la colonisation, le système reposait sur deux hommes: le seigneur et le prêtre missionnaire. Le premier missionnaire de Rivière-Ouelle était l'abbé Thomas-Joseph Morel arrivé de France en 1661. Il desservait la côte sud du Saint-Laurent de Montmagny jusqu'à Rivière-du-Loup, soit un territoire de 27 lieues (110 km.). De 1672 à 1854, seulement trois familles de seigneurs sont passées à la Bouteillerie. Le premier seigneur, Jean-Baptiste Deschamps décède en 1703 et est succédé par son fils Charles-Joseph.

Lorsque Jacques Roussel arriva à Rivière-Ouelle, le seigneur de la Bouteillerie était Charles-Joseph Deschamps et le prêtre missionnaire était l'abbé Chevalier. En 1774, la seigneurie passa aux mains de la famille Perreault puis en 1813 elle passe à la famille Casgrain et en 1854 ce fut la fin du régime seigneurial. Les premiers colons de Rivière-Ouelle furent les Bérubé, Ouellet, Grondin, Saint-Laurent, Morin, Paradis, Dubé, Bouchard, Michaud, Fournier et Lizotte. Ils étaient attirés par les grandes terres cultivables, le fleuve, la pêche, la chasse et les fourrures. Les colons s'installent et commencent à défricher. Avec les premiers arbres abattus, ils construisent leur maison. Les animaux domestiques sont rares et par conséquent les principales activités sont la chasse et la pêche et les colons réalisent de bons profits avec le commerce des fourrures.

À l'époque, il n'y avait pas de village et tout le monde cultivait la terre. La plus vieille paroisse des «Caps Mouraska» fut Notre-Dame-de-Liesse à la rivière Ouelle, dont l'érection canonique eut lieu en 1694 et la constitution en municipalité en 1845 sous le nom de Rivière-Ouelle.